L’affiche de la finale en dit long sur l’évolution du jeu. Les avants anglais ont poussé leur équipe jusqu’en finale. Les athlètes Springboks ont pulvérisé par la force les rideaux défensifs adverses. On aurait pu penser pendant la phase de poule que cette puissance, marque de fabrique des équipes de l’Hémisphère sud, ferait la différence. Mais les éliminations de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ont prouvé que le muscle ne fait pas tout.
2007 est l’année du « Realrugby ». Le jeu au pied a pris l’avantage sur le jeu à la main, pourtant à l’origine du rugby. Ceux qui ne le portent pas dans leur culture ont pris peur face à cette évolution. La France a préféré se crisper dans un jeu qui n’est pas le sien au lieu d’affirmer sa différence.
Les Fidjiens auraient pu surprendre les Sud-Africains, si leur pack avait tenu la route. A l’inverse, l’Argentine a fait son chemin sans faire de bruit, et sans prendre d’essais.
Mode passagère ou développement durable ? La presse irlandaise (Irish Independant) s’interrogeait sur le succès commercial du rugby si le sport n’est plus un spectacle. Dans une interview au site Sports.fr, l’arrière des Bleus Clément Poitrenaud renvoie le public à sa spécificité : « Si tu gagnes 6-5, tu es sifflé, si tu perds 32-33 en ayant marqué cinq essais, tu te fais presque applaudir, les gens ont envie de voir du rugby, de belles choses, si on tape un peu trop souvent, ça ne leur plaît pas trop. Maintenant, au niveau international, c'est beaucoup de tactique, un jeu d'échecs, qui a marché contre la Nouvelle-Zélande, moins contre l'Angleterre. »